Épanouie et sans enfants, c’est possible ?

 Aie ! Je ne comprends pas… donc ce n’est pas normal ?

L’exercice d’aujourd’hui: muscler ma tolérance en essayant d’appréhender ce qui se joue chez ces femmes qui n’ont pas de désir d’enfant.

4.3% des femmes françaises n’ont pas d’enfants, c’est peu. Parmi elles, certaines l’ont décidé. Mais c’est loin d’être accepté. La famille, voire la société, attend d’elles un autre chemin. Elles sont cataloguées d’égoïstes, ayant un souci narcissique ou encore une névrose non réglée.

Et s’il était possible d’être heureux sans enfants? Eh bien oui, des chercheurs en psychologie d’Harvard, ont conclus en 2013, que faire des enfants ne rendait pas plus heureux.

Alors qu’en est-il de cet égoïsme?
Quand le sujet est abordé, chaque camp renvoie sur l’autre la patate chaude. « Il faut être égoïste pour faire des enfants en ayant besoin de reproduire un petit bout de soi » versus « tout autant pour ne pas en faire et penser qu’à soi. » Mettons donc l’égoïsme de côté, nous allons droit dans le mur. Quel que soit nos choix de vie, l’ego fait partie de la donne, il nous permet de donner sens à notre vie.

Ces femmes ont elles des choses à régler avec leur mère? Pas plus que celles qui font des enfants, nous explique Isabelle Tilmant. Notre choix de faire ou non des enfants prend sa source dans notre relation à nos parents. Reproduire ce qui a été bienveillant ou à l’inverse réparer ce qui a été défaillant restent les causes essentielles dans le choix de faire des enfants mais aussi dans l’autre cas. 

0-0 balle au centre. Elles ne doivent pas aimer les enfants alors? Souvent ces femmes utilisent l’humour pour dédramatiser comme dans l’émission des Maternelles: « Si j’aime les enfants. J’aime les poneys aussi mais je ne veux pas en avoir non plus ». La plupart de ces femmes aiment les enfants, sont pédagogues, douces… une de mes patientes est même sage-femme. Alors, encore une piste qui tombe à l’eau!

Mais elles vont le regretter plus tard. Combien de personnes âgées, dans leur petite chambre de maison de retraite sont seules, sans visites, parce qu’elles n’ont pas d’enfants. N’est-ce pas terrible d’entendre ce genre d’argument. L’enfant aurait-il comme mission de devenir un bâton de vieillesse? Et celles qui ont des enfants, sont-elles toutes entourées de manière bienveillante ? Hum…

Que ressort-il de ces quelques critiques jugements points de vue que nous pouvons renvoyer à ces femmes? Vous ne l’entendez pas? Pourtant, n’est-ce pas simplement nos peurs que nous renvoyons sur l’autre? De belles et jolies projections?

  • l’égoïsme (j’aimerais avoir plus de temps),
  • ne pas aimer les enfants (incompréhension – peur de l’inconnu)
  • problème avec sa propre mère/névrose (essai de compréhension, j’utilise ma vie – mon ressenti – pour expliquer)
  • la vieillesse et la mort (peur de la solitude, de mourir seul)…

Ayant un besoin inconsidéré de valider mes propres choix, je les tiens comme exacts. Pourtant, il ne s’agit que d’une possibilité parmi tant d’autres. En ayant besoin de me rassurer, je définie mon choix comme étant le bon et celui de l’autre comme étant mauvais.
Pourrait-on envisager quelque chose de moins binaire, qu’ils soient bons tous les deux ? Que ces femmes qui font le choix d’avoir ou non des enfants, prennent cette décision en accord avec leurs attentes les plus profondes ? Nous comprenons alors que si l’autre ne fait pas comme nous ce n’est pas parce que nous sommes dans l’erreur mais que nous sommes différents.

Individu A

Dans ce schéma, nous repérons les attentes de A et B qui les conduisent à faire des choix qui les rendent heureux. Pourtant l’individu A ne comprenant pas les choix de B souhaite lui inculquer l’éduquer proposer sa façon de voir. Mais ce que A ne saisit pas c’est que son choix, aussi bénéfique qu’il soit pour lui, ne rendra jamais B heureux.
La seule possibilité au bonheur des deux individus, est que A et B trouvent leurs bonheurs respectifs en lien avec leurs chemins de vie sans interdire à l’autre de prendre un autre chemin.

Nous avons travaillé sur la compréhension du choix de ne pas avoir d’enfants dans cet article, mais cet exercice est perpétuel, il ne s’arrête pas à ce sujet. Ayant autant de formes de bonheur qu’il y a d’individus, le schéma se complexifie à l’infini et ouvre de nombreuses possibilités de travailler sa tolérance :

  • mon voisin peint sa maison en jaune
  • ma cousine ne veut pas allaiter son enfant
  • ma meilleure amie vouvoie sa belle-mère
  • mon père est végétarien…

A bientôt pour un article sur le non-jugement, continuité de celui-ci !

Et pour les petits malins qui voudraient jouer avec les limites, il est évident que ce schéma ne vaut que dans les situations respectant l’Ethique, c’est-à-dire ne conduisant pas à être répréhensible par la Loi (délits-crimes).

Pour en savoir plus sur le non désir d’enfant:

 Emission des Maternelles: Des enfants? non merci! 25 novembre 2014

Documentaire Arte : Femmes sans enfants, femmes suspectes 29 janvier 2016

Sans titre 7

A l’enfant que je n’aurai pas – Linda Lê – 2011 – Nil

index

Epanouie avec ou sans enfants – Isabelle Tilmant (psychologue) – 2008 – Anne Carrière

9782843374951FS

Ces femmes qui n’ont pas d’enfant. La découverte d’une autre féminité – Isabelle Tilmant (psychologue) – 2010 – De Boeck

9782804162139FS

Pas de bébé à bord. Choisir de ne pas avoir d’enfant… envers et contre tous – Gisèle Palancz – 2013 – Josette lyon

9782843193064FS

No Kid. Quarante raisons de ne pas avoir d’enfants – Corinne Maier – 2008 – J’ai lu

9782290007532FS

Madame la poule – Jean-Pierre Blanpain – 2004 – Thierry Magnier – Jeunesse

9782844203038FS

Les heures souterraines – Delphine DE VIGAN

9782253134213FS

Un vrai coup de cœur, une écriture juste! J’avais beaucoup aimé Rien ne s’oppose à la nuit, ici, j’ai adoré !

Une nouvelle fois, l’auteur s’attaque à un sujet dur, un calvaire qu’elle nous soumet comme un diamant brut. Rien n’est édulcoré, les descriptions sont parfaites.

« Croyez-vous qu’on est victime de quelque chose comme ça parce qu’on est faible, parce qu’on le veut bien, parce que, même si cela paraît incompréhensible, on l’a choisi? Croyez-vous que certaines personnes, sans le savoir, se désignent elles-mêmes comme des cibles? »

Elle nous présente l’horreur de la réalité professionnelle de Mathilde, cet effondrement pervers qui petit à petit, l’air de rien, la conduit dans un fond où elle ne semble plus pouvoir se rattacher à rien. Jacques, son chef, la harcèle, doucement il établit son plan pour qu’elle s’en aille, il ne lui laisse pas la possibilité de s’en sortir, elle n’en a pas le droit. Contrairement à Mathilde, en lisant nous avons la possibilité de tout arrêter en refermant le livre le temps de reprendre son souffle.

« Elle n’en parle pas. Même à ses amis.
Au début, elle a essayé de décrire les regards, les retards, les prétextes. Elle a essayé de raconter les non-dits, les soupçons, les insinuations. Les stratégies d’évitement. Cette accumulation de petites vexations, d’humiliations souterraines, de faits minuscules. Elle a essayé de raconter l’engrenage, comment cela était arrivé. A chaque fois, l’anecdote lui a semblé ridicule, dérisoire. A chaque fois, elle s’est interrompue. »

La réalité de Thibault est d’un autre ordre, son impuissance se focalise sur la volonté d’aimer, mais d’aimer vrai. Sa relation ne va que dans un sens, c’est une autre forme de harcèlement, celui que l’on se fait à soi-même. Rester des mois, des années avec une personne alors qu’elle ne vous aime pas, se leurrer, y croire quand même.

« Est-ce que c’était ça, être amoureux, ce sentiment de fragilité ? Cette peur de tout perdre, à chaque instant, pour un faux pas, une mauvaise réplique, un mot malencontreux? »

Delphine de Vigan, dénonce là encore une réalité contemporaine : la peur d’être seul.
Grâce au métier de Thibault, médecin urgentiste, l’auteur va nous brosser la réalité des solitudes bien dissimulées dans les appartements des grandes villes, nombre des souffrances et d’errances rencontrées.

« Il voudrait être loin, en être plus loin. Il voudrait que le temps soit déjà écoulé, ce temps incompressible par lequel sa souffrance devra passer, six mois, un an. Il voudrait se réveiller à l’automne, presque neuf, regarder l’entaille comme une fine cicatrice.
Il s’agit d’organiser le temps jusqu’à ce qu’il puisse revivre.
Meubler, en attendant que ça passe. »

Les heures souterraines sont les heures que l’on passe dans l’introspection, à se parler à soi-même, à essayer de comprendre ; mais c’est aussi la réalité de la ville, les heures à passer dans des tuyaux tels des rats, ces transports en communs, métro, RER mais aussi ces bouchons où rien n’avance. Dans ces deux derniers cas une impuissance et une violence se dégagent, quelle est la limite à ne pas dépasser, à quel moment cela peut déraper.

« Pour l’instant , il s’agit de rester du bon côté du quai. Ne pas se laisser entraîner vers le fond, maintenir ses positions. Quand le métro arrivera, bondé, irascible, il faudra lutter. Selon une loi tacite, une forme de jurisprudence souterraine appliquée depuis des décennies, les premiers resteront les premiers. Quiconque tente de s’y soustraire se voit conspué. »

Nos deux héros, désarmés face à la réalité de leur vie, essayent tant bien que mal de rester debout, la jungle n’est pas si loin, elle les entoure.

Delphine DE VIGAN - Les heures souterraines
2011 - LE LIVRE DE POCHE - ISBN 9782253134213

 

Moment de joie #93 selon Caroline Rochet

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Moment de joie #92 selon Caroline Rochet

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Moment de joie #91 selon Caroline Rochet

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Moment de joie #90 selon Caroline Rochet

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Moment de joie #89 selon Caroline Rochet

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Moment de joie #88 selon Caroline Rochet

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Citation #68

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