Pour moi?

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Oscar et la dame rose – Eric-Emmanuel SCHMITT

9782226135025FS

Eric Emmanuel Schmitt, auteur que j’affectionne particulièrement, non pas parce qu’il est né près de chez moi (avant quand j’habitais Lyon), mais parce qu’il a l’art de nous convier dans des histoires emplies d’humanisme. J’aime le travail singulier qu’il apporte à la psychologie des personnages.

C’est un livre qui remet les choses à leur place, une claque qui fait du bien. Une lecture agréable, triste, humoristique…

Ce livre m’a tellement plus que je l’ai fait lire à presque toutes mes connaissances. C’est un descriptif pertinent des différentes étapes de la vie, de la maladie, de la mort, de l’amour …

« (…) regarde chaque jour le monde comme si c’était la première fois.
Alors j’ai suivi ton conseil et je me suis appliqué. La première fois. Je contemplais la lumière, les couleurs, les arbres, les oiseaux, les animaux. Je sentais l’air passer dans mes narines et me faire respirer. J’entendais les voix qui montaient dans le couloir comme dans la voute d’une cathédrale. Je me trouvais vivant. Je frissonnais de pure joie. Le bonheur d’exister. J’étais émerveillé. »

Un livre à lire et à relire.

« Il n’y a pas de solution à la vie sinon vivre. »

Eric-Emmanuel SCHMITT - Oscar et la dame rose
2002 - Albin Michel - ISBN 9782226135025

Espoir…

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Alors voilà – Les 1001 vies des urgences – Baptiste Beaulieu

9782253194750-T

Âme insensible s’abstenir!

« Alors voilà » sont les mots qui commencent les articles de son blog. Tout a commencé comme ça. Ce livre est un petit condensé de la vie aux urgences, mais plus généralement du travail des soignants à l’hôpital!

Baptiste Beaulieu rend ses personnages attachants. Pour cela, il utilise la meilleure des techniques: la justesse d’un regard rempli d’humanité. Il réussit là où de nombreux professionnels seraient tentés de raconter les dérives, les injustices, en somme l’imperfection du milieu hospitalier. Lui, il voit le verre à moitié plein. Il repère la beauté du soin, les petites manies et autres douceurs de ces aides soignant(e)s, infirmier(e)s et médecins. Ces petites ou grandes parties de nous qui portent, rendent le sourire, apaisent le patient et ses proches. il leur trouvent des petits surnoms, témoignage d’un amour sincère et d’un respect profond (sauf exception).

« Fin de garde : mal aux jambes, mal au dos, mal au cœur, très triste, pas mangé, pas bu, j’ai un rhume (avec ces morveux qui éternuent sur vous, y’a moyen de crever 314 fois).
J’entre box 4 : petite Lily, quatre ans, avec sa mère.
– Bonjour, je suis interne, et c’est moi qui vais examiner votre fille.
La mère, griffes sorties, bave aux lèvres :
– Trois heures qu’on attend ! Vous êtes des incapables ou des fainéants? Même en Chine, on n’attend pas comme ça. Et ils sont un milliard, les Chinois ! INADMISSIBLE !
Je jette mon stétho, m’écroule sur le tabouret, ferme les yeux, bouche mes oreilles, pense à mes jambes, à mon dos :
– Je ne vois rien, je n’entends rien. Je vais me lever, reculer, passer la porte, la fermer avec mon coude pour être sûr de garder mes oreilles bouchées. Je ferai six tours sur moi même, j’ouvrirai les yeux, déboucherai mes oreilles, rouvrirai la porte. Je me présenterai, vous aussi. CORDIALEMENT. Sinon, je recommencerai. Jusqu’à décrocher un sourire…
Je sors à reculons, tourne six fois sur moi-même – regard ahuri de Brigitte -, puis je re-rentre dans le box :
– Bonjour, je suis interne, je vais examiner votre fille.
Et là, chose la plus charmante au monde, Lily m’applaudit, croyant que c’est un tour de magie ! Sa mère rit, s’excuse, je m’occupe de Lily comme un alchimiste d’un morceau de plomb : j’en fais de l’or, elle ira mieux, moi aussi… »

Non, il ne nous décrit pas un monde de Bisounours pour autant, un poney multicolore de temps en temps, c’est tout. Il ose,  il utilise l’humour à la bonne dilution, pas d’erreur, pas de dérive à la Grey’s Anatomy ou Urgences. En étant drôle, il a en main le passeport pour évoquer n’importe quel sujet. Il aborde par exemple le besoin de chaque soignant (être humain) de créer du lien avec son patient (autre être humain), quelque fois un peu trop, transformant l’attachement en souffrance. La limite de leur mission étant imposée par cette implacable et intolérable impuissance.

Donc, ce bouquin est amusant, tendre, rempli d’espoir et humaniste.
Et parce que toute bonne chose n’arrive jamais seule, son deuxième livre vient de sortir et a reçu le prix Méditerranée des lycéens 2016:  « Alors vous ne serez plus jamais triste » publié chez Fayard.

« On a tous un don.
Certains jouent du piano avec les pieds, d’autres chantent ou marchent sur un filin avec une perche en guise de balancier.
Moi, je fais rire les gens. Aux Urgences, c’est un super-pouvoir précieux. »

Baptiste BEAULIEU - Alors voilà - Les 1001 vies des urgences
2013 - Fayard - J'ai lu - ISBN 9782253194750

 

Les heures souterraines – Delphine DE VIGAN

9782253134213FS

Un vrai coup de cœur, une écriture juste! J’avais beaucoup aimé Rien ne s’oppose à la nuit, ici, j’ai adoré !

Une nouvelle fois, l’auteur s’attaque à un sujet dur, un calvaire qu’elle nous soumet comme un diamant brut. Rien n’est édulcoré, les descriptions sont parfaites.

« Croyez-vous qu’on est victime de quelque chose comme ça parce qu’on est faible, parce qu’on le veut bien, parce que, même si cela paraît incompréhensible, on l’a choisi? Croyez-vous que certaines personnes, sans le savoir, se désignent elles-mêmes comme des cibles? »

Elle nous présente l’horreur de la réalité professionnelle de Mathilde, cet effondrement pervers qui petit à petit, l’air de rien, la conduit dans un fond où elle ne semble plus pouvoir se rattacher à rien. Jacques, son chef, la harcèle, doucement il établit son plan pour qu’elle s’en aille, il ne lui laisse pas la possibilité de s’en sortir, elle n’en a pas le droit. Contrairement à Mathilde, en lisant nous avons la possibilité de tout arrêter en refermant le livre le temps de reprendre son souffle.

« Elle n’en parle pas. Même à ses amis.
Au début, elle a essayé de décrire les regards, les retards, les prétextes. Elle a essayé de raconter les non-dits, les soupçons, les insinuations. Les stratégies d’évitement. Cette accumulation de petites vexations, d’humiliations souterraines, de faits minuscules. Elle a essayé de raconter l’engrenage, comment cela était arrivé. A chaque fois, l’anecdote lui a semblé ridicule, dérisoire. A chaque fois, elle s’est interrompue. »

La réalité de Thibault est d’un autre ordre, son impuissance se focalise sur la volonté d’aimer, mais d’aimer vrai. Sa relation ne va que dans un sens, c’est une autre forme de harcèlement, celui que l’on se fait à soi-même. Rester des mois, des années avec une personne alors qu’elle ne vous aime pas, se leurrer, y croire quand même.

« Est-ce que c’était ça, être amoureux, ce sentiment de fragilité ? Cette peur de tout perdre, à chaque instant, pour un faux pas, une mauvaise réplique, un mot malencontreux? »

Delphine de Vigan, dénonce là encore une réalité contemporaine : la peur d’être seul.
Grâce au métier de Thibault, médecin urgentiste, l’auteur va nous brosser la réalité des solitudes bien dissimulées dans les appartements des grandes villes, nombre des souffrances et d’errances rencontrées.

« Il voudrait être loin, en être plus loin. Il voudrait que le temps soit déjà écoulé, ce temps incompressible par lequel sa souffrance devra passer, six mois, un an. Il voudrait se réveiller à l’automne, presque neuf, regarder l’entaille comme une fine cicatrice.
Il s’agit d’organiser le temps jusqu’à ce qu’il puisse revivre.
Meubler, en attendant que ça passe. »

Les heures souterraines sont les heures que l’on passe dans l’introspection, à se parler à soi-même, à essayer de comprendre ; mais c’est aussi la réalité de la ville, les heures à passer dans des tuyaux tels des rats, ces transports en communs, métro, RER mais aussi ces bouchons où rien n’avance. Dans ces deux derniers cas une impuissance et une violence se dégagent, quelle est la limite à ne pas dépasser, à quel moment cela peut déraper.

« Pour l’instant , il s’agit de rester du bon côté du quai. Ne pas se laisser entraîner vers le fond, maintenir ses positions. Quand le métro arrivera, bondé, irascible, il faudra lutter. Selon une loi tacite, une forme de jurisprudence souterraine appliquée depuis des décennies, les premiers resteront les premiers. Quiconque tente de s’y soustraire se voit conspué. »

Nos deux héros, désarmés face à la réalité de leur vie, essayent tant bien que mal de rester debout, la jungle n’est pas si loin, elle les entoure.

Delphine DE VIGAN - Les heures souterraines
2011 - LE LIVRE DE POCHE - ISBN 9782253134213

 

Ces petits bonheurs qui changent la vie – Caroline Rochet

9791092251043FS

A travers 98 petits bonheurs, Caroline Rochet fait le tour de moments de joie à travers un petit protocole qu’elle utilise à chaque fois:

– Contexte
– Concept
– Et ça coûte combien?

Avec beaucoup d’humour, elle retrace ses petites choses qui semblent ridicules mais « peuvent, en apparaissant, désamorcer une bonne partie des grands malheurs. »

« Prendre un bain de mer

contexte

Autant vous le dire tout de suite: si vous avez la chance de vivre dans un endroit où la mer est accessible à moins d’une demie-heure et que, par conséquent, vous pouvez vous baigner quand ça vous chante, sachez qu’à peu près 99% des gens dont ce n’est pas le cas vous jalousent terriblement. Car eux, pour bénéficier de ce privilège, ils doivent attendre de partie en vacances, ou au moins en week-end. Et autant vous dire que ça n’est pas tous les quatre matins. Quoi qu’il en soit, à un moment, c’est le moment: on débarque sur la page et on scrute la grande bleue. C’est parti! »

Sympathique!

Caroline ROCHET - Ces petits bonheurs qui changent la Vie 
2013 - Edition Leduc - ISBN 9791092251043

Le Sel de la vie – Françoise Héritier

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Le contenu de cette lettre intime à un ami, est comme la couverture de cet ouvrage: douce comme du velours. Un assemblage de « moments de joie« , un chapelet de l’essentiel de Françoise Héritier. Son sel de la vie!

« Et ce « je » qui est notre richesse est fait d’une ouverture au monde – d’une aptitude à observer, d’une empathie avec le vivant, d’une capacité à faire corps avec le réel. « Je » n’est pas seulement celui qui pense et qui fait mais celui qui ressent et éprouve selon les lois d’une énergie souterraine sans cesse renouvelée. S’il était totalement dénué de curiosité, d’empathie, de désir, de la capacité de ressentir affliction et plaisir, que serait ce « je » qui par ailleurs pense, parle et agit ? « 

Un petit texte qu’elle décrit comme une « fantaisie », de la délicatesse à la pelle!

« Le monde existe à travers nos sens avant d’exister de façon ordonnée dans notre pensée et il nous faut tout faire pour conserver au fil de l’existence cette faculté créatrice de sens : voir, écouter, observer, entendre, toucher, caresser, sentir, humer, goûter, avoir du « goût » pour tout, pour les autres, pour la vie. »

Je recommande forcément!

« Dormir étalé sur le dos, humer l’odeur des croissants chauds dans la rue, oublier de prendre son courrier, se tenir par la main… »

Françoise HERITIER - Le sel de la vie
2012 - Odile Jacob - ISBN 9782738127549

La petite – Michèle HALBERSTADT

9782226229717FS

Quand nous comprenons que cette enfant de 12 ans avait décidé de mourir, c’est terrifiant! Ce n’est pas très enthousiasmant comme départ.

« J’ai douze ans, et ce soir, je serai morte.
Ce matin, j’ai vidé les tubes de somnifères et tous les médicaments que Maman range en haut du placard de la salle de bains pour éviter qu’on y touche. Il m’a fallu cinq grands verres d’eau pour tout avaler. Ensuite, j’ai mangé une tartine, bu mon jus d’orange, et je suis partie à l’école.
Je n’ai rien dit à personne. Je ne suis ni abattue ni surexcitée. Je me sens sereine, comme on l’est quand on fait ce qu’on a vraiment envie de faire. Et moi, j’ai envie de disparaître. »

Mais en fin de compte, quelle prouesse! Les ressentis et le mal-être typique des enfants est retranscrit avec brio. L’introspection de cette petite fille, sa maturité sur ce que représente la vie est du bonheur à lire. Le cheminement vient doucement au fil des pages, sans verser dans le pathos. C’est une belle leçon de vie!
A tel point que la question se pose: est-ce autobiographique?

« Il faut se méfier des enfants sages. Ils portent parfois en eux des océans de désespoir. »

En tout cas, ce livre est à lire sans l’ombre d’un doute!

Michèle HALBERSTADT - La petite 
2011 - Albin Michel - ISBN 9782226229717

Au revoir là-haut – Pierre LEMAITRE

9782356417015FS

Magistral! Il était évident qu’il gagne le prix Goncourt!

Le livre audio c’est la possibilité d’écouter le livre lu par l’auteur et donc la chance de découvrir le ton qu’il voulait lui donner, cela rajoute au plaisir.

Les auteurs sont peu prolixes sur cette période de post première guerre mondiale.

Tout est là dans ce roman: les gueules cassées, les traumatismes, le deuil, le dégoût, l’abattement jusqu’à la folie.

« Il agrippe la tête de cheval, parvient à saisir les grasses babines dont la chair se dérobe sous ses doigts, il attrape les grandes dents jaunes et, dans un effort surhumain, écarte la bouche qui exhale un souffle putride qu’Albert respire à pleins poumons. Il gagne ainsi quelques secondes de survie, son estomac se révulse, il vomit, son corps tout entier est de nouveau secoué de tremblements, mais tente de se retourner sur lui-même à la recherche d’une once d’oxygène, c’est sans espoir. « 

Tous les maux engendrés par l’horreur mais aussi la perversité des filous qui profitent de la tristesse universelle pour dépouiller autrui.

« À quatre-vingts francs le cadavre et avec un prix de revient réel aux alentours de vingt-cinq, Pradelle espérait un bénéfice net de deux millions et demi.
Et si le ministère passait, en plus, quelques commandes de gré à gré, en retirant les pots-de-vin, on frôlerait les cinq millions.
Le marché du siècle. Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d’avantages, même après. « 

Un roman noir et brut sur cette période historique qui m’était inconnue et où la malveillance de l’être humain ne s’arrête pas avec la guerre.

Pierre LEMAITRE - Au revoir là-haut 
2014 - Albin Michel - Audiolib - ISBN 9782356417015

Un obus dans le cœur – Wajdi MOUAWAD

9782742770045FS

« On ne sait jamais quand une histoire commence. Je veux dire que lorsqu’une histoire commence et que cette histoire vous arrive à vous, vous ne savez pas, au moment où elle commence, qu’elle commence. Je veux dire… Je veux dire que vous n’êtes pas là, à marcher, tranquillement dans la rue et tout à coup, vous vous dites: tiens, voilà une histoire qui commence. Je veux dire, on ne le sait pas…puis, lorsqu’on réalise qu’on est embarqué dans une histoire, on ne sait pas comment ça va se terminer. Personne ne peut savoir. « 

Ce livre est extrêmement touchant. Mais j’avoue avoir été surprise qu’il soit classé en jeunesse! Le sujet est dur, et la manière dont il est abordé, sans fioritures ni censure, m’a mis mal à l’aise quand je m’imaginais qu’il pouvait être lus par des enfants.

« Plein de mots, plein de phrases dans la bouche pour couvrir la tempête de mon cerveau, de ma conscience, de mon esprit, mon âme ou peu importe quoi d’autre qui est à l’intérieur, car quelque chose dans ma tête murmure très bas, très très bas, des mots violents, et malgré tout le bruit de l’autobus et de ma colère et le grincement de mes dents, malgré le vent et la neige et la tempête et la rage, je les entends ces mots, venus de la nuit du temps : « Ma mère meurt, elle meurt, la salope, et elle ne me fera plus chier ! » Si j’avais un flingue, je me logerais une balle pour calmer la dispersion. Une vague immense me prend de l’intérieur et m’emporte et me fracasse contre les récifs de ma douleur. Elle jette mon cœur sur le plancher noir de l’autobus « 

Le jeune Wahab, 19 ans, est appelé en pleine nuit pour aller au chevet de sa mère mourante. Le parcours dans la neige jusqu’à l’hôpital va provoquer un cheminement et une introspection qui lui permettront de faire le point sur cette relation particulière qu’il a avec sa mère. Cette femme qu’il rejette, qu’il ne reconnait plus à la manière d’un psychotique qui voit les personnes qui l’entourent devenir autre.

« Un jour, ma mère s’est mise à avoir un autre visage. C’est peut-être ça le début de mon histoire. Le jour de mon quatorzième anniversaire, ma mère s’est retrouvé avec un visage tout autre. Je veux dire du tout au tout. Et personne ne s’en est étonné. Et personne ne m’a rien dit. Alors j’ai fugué. »

Le discours est ponctué de réminiscence de la guerre, des images traumatiques sont réveillées par l’événement difficile à venir.

Sa réflexion va perdurer dans la salle d’attente puis au chevet de sa mère. L’auteur a un style simple qui renvoie à la figure la cruauté des images à la manière d’un photographe de guerre où il n’est nul besoin de commentaire.

Ce cheminement va permettre au héros de se découvrir dans la relation à sa mère, de faire le deuil de ses démons et renaitre à la vie.

« Je regarde le ventre de ma mère, son ventre qui s’étire et se détend pour les toutes dernières fois de sa courte existence. Je regarde son ventre. Il n’y a pas si longtemps, j’y étais. Elle m’a porté et a accouché de moi en poussant les mêmes cris que son agonie arrache de ses entrailles, et parce que j’ai connu ses entrailles, pour un instant, je deviens frère de l’agonie. Je la vois mourir. Je vois son ventre mourir. Plus rien ne peut m’y faire entrer à nouveau, m’y faire retourner. L’histoire est désormais ancienne. J’ai le sentiment qu’en assistant à sa mort, j’assiste aussi à ma propre naissance. »

Wajdi MOUAWAD - Un obus dans le cœur
2007 - Actes Sud Junior - ISBN 9782742770045